J’ai vu un rwandais chez le psy.

 

J’ai vu un rwandais chez le psy. 

Je le jure qu’il était rwandais. Les têtes de rwandais je les reconnais toujours. Il venait vers moi, et m’a longuement observé avec un petit air de méfiance. Il avait l’air gêné et est rentré chez le psy tout discrètement. Pas de chance pour lui, j’y allais également. Moi, je suis un habitué, et puis, comme je ne me juge pas, je ne le juge pas non plus.

Dans la salle d’attente on osait à peine croiser nos regards. Moi parce qu’il était gêné et lui parce qu’il avait peur que je me moque. Comment pourrais-je m’en moquer alors que j’y suis également?

Le pauvre, il est courageux. S’il est allé chez le psy, c’est qu’il a brisé les traditions, les tabous, a affronté les préjugés et décidé d’appeler un psy.

Pourquoi tant d’appréhension culturelle envers les psy ?

Tout part d’un rapport compliqué avec la tristesse.

Agahinda ntikica kagira mubi (La tristesse ne tue pas, elle amochit)

Ce proverbe sur la tristesse est  une constatation poignante et cruelle. La tristesse ne trancherait pas une fois pour toutes en tuant. Elle torture et amochit en rendant aigri. Voilà. Peut-être parce qu’on la garde terrée au fond de soi… 

Amalira y’umugabo atemba ajya mu nda (Les larmes d’un homme coulent vers l’intérieur)

Agahinda k’inkoko kamyenywa n’inkike yatoyemo (La chagrin d’une poule est connue par l’enclos dans lequel elle s’est nourrie)

Agahinda gashira akandi ari umuterero (Quand une tristesse s’achève, commence une autre)

Agahinda si uguhora urira (Avoir le chagrin ce n’est pas pleurer tout le temps)

Aho umutindi yanitse ntiriva (Le soleil ne brille pas là où le misérable étend son linge) 

Akabi gasekwa nk’akeza (On rit du malheur comme du bonheur)

Les proverbes ci-dessus révèlent les rapports compliqués entretenus avec la tristesse. Ils nourrissent également un certain pessimisme sur le fait que la tristesse et la malchance s’accumulent tout au long de la vie. Cette idée de la tristesse qui doit être mi-exprimée mi-cachée est omniprésente dans la culture rwandaise. Par moments, je me demande même si la tristesse n’est pas confondue avec un secret lourd qui ne devrait pas être révélé au grand public.

Mbe muco mwiza, agahinda kaba ari ibanga ? ( Ma belle culture, la tristesse serait-elle une forme de secret ?)

Il ne faut pas croire qu’il y a une tentative de renier la tristesse. Elle existe, on en parle mais on ne sait quoi en faire. Elle est cette chose qui doit rester invisible et qui doit rester au fond de nous-mêmes. Etre triste peut être ressenti comme un tabou parce que l’on doit toujours garder la tête haute, malgré tout. Mais pourquoi ?

Est-ce permis de pleurer ?

Un homme : Chère culture rwandaise. Je demande la permission de pleurer à chaudes larmes.

La culture rwandaise : Permission Refusée. Amalira y’umugabo atemba ajya mu nda. Ihangane.

Non, pleurer pour un homme, ce n’est pas trop permis. Ce qui est permis tout au plus, c’est de montrer un visage froid complètement décomposé. Parce que pleurer c’est être faible et que c’est pour les plus vulnérables, c’est pour les enfants. Tout au plus toléré chez les femmes.

Nta mugabo ulira. (Les hommes ne pleurent pas)

Pour une femme qui pleure souvent également, et qui ne peut se contenir face au problèmes de la vie, il n’est pas rare de voir ses amies la conseiller de se reprendre.

Turabizi urababaye ariko jya gerageza kwihagararaho wifate. Utaziha rubanda. Ihangane.

( Nous comprenons que tu sois triste mais essaie d’être forte. Ainsi, tu éviteras d’être la risée de tout le monde. Essaie de te contenir)

Quoi que…on peut aussi interpréter le rapport à la tristesse différemment. Parfois en temps de deuil, devant un homme rwandais digne même quand il est terriblement chagriné, on peut dire que ses larmes coulent vers l’intérieur.

Koko uwavuze ngo amalira y’umugabo atemba ajya mu nda ntiyabeshye. Narebaga Bosco natekereza ukuntu ababaye n’ukuntu yihanganye nkabura icyo mubwira.

(Vriament celui qui a dit que les larmes d’un homme coulent vers l’intérieur n’a pas menti. J’ai observé Bosco et imaginé son chagrin, et sa force m’a émue, je ne savais quoi lui dire)

None ? Amalira y’umugabo agomba gutemba ajya mu nda ou bien amalira y’umugabo atemba ajya mu nda kuko akomeye ?

Nuance…

Peut-être que le proverbe ne veut pas metre une certaine pression, mais qu’il est une constatation de ce que peut être le courage d’un homme face à une douleur qui devrait le dépasser. Mais nous quand on est jeunes, et qu’on a tant d’exemples de bravoure, on finit par se dire que fatalement toutes les larmes de tous les hommes doivent couler vers l’intérieur.

En tant que femme, je préfère garder le courage de pleurer…sans pour autant renier le courage de ne pas pleurer à la gente masculine. Seulement, je me dis que parfois, cela fait du bien de ne pas garder les choses sur le coeur.

La douloureuse idée de “Kwihangana”

Ce verbe signifie se contenir quand on affronte une douleur physique ou émotionnelle. Dans les moments les plus durs, surtout pendant les deuils, on a des proches qui vous disent : 

Nimwihangane.

Quand tu es malade ou viens de te blesser, ihangane.

Une façon de dire, sois fort. En soi, ce n’est pas un vilain verbe. Dans mon oreille, il sonne comme un témoignage de compassion. C’est un moyen de pouvoir dire à ses proches, qu’on imagine leur douleur mais qu’il faudra trouver un moyen de la surmonter. Mais, malgré tout, c’est un verbe qui me chatouille quelque part. Quand j’avais vingt ans, je détestais carrément cette idée de dire aux autres ” Nimwihangane”. Me dire cela, sonnait pour moi comme un moyen d’étouffer l’expression de ma souffrance.

Nihangane nihangane iki ? (Me contenir? Pourquoi me contenir ?)

Avec le temps, j’ai compris que l’on ne peut empêcher les gens de s’exprimer selon leur culture. Parfois cela peut être considéré comme maladroit mais toujours est-il que pour eux c’est sincère et profond. Surtout, c’est la manière qu’ils ont appris d’exprimer leur compassion.

Sans doute est-il pertinent de demander comment on peut se contenir face à un deuil, à la perte d’un être cher, à une rupture amoureuse, à une jambe cassée ? Ne vaut-il mieux pas laisser la douleur venir et l’exprimer, tout en espérant qu’un jour elle pourra passer. Ne vaut-il mieux pas prendre un anti-douleur?

Ceci dit, présenter ses condoléances n’est pas mieux non plus, si on y pose la même réflection.

Sincères condoléances. N’est ce pas super compatissant ?

L’étrange notion de Kwifata.

Kwifata et Kwisama utarasandara, (Se retenir. Ne pas se laisser aller) sont des choses qui devraient être remplacées par guturika ukarira, ugashira ikiniga. ( Pleurer à chaudes larmes jusqu’à ce que le chagrin soit soulagé)

Yarambabaje, ariko ndifata. ( Il m’a blessé mais je me suis retenue)

Nari mfite ikiniga ariko ndifata sinamwereka amalira yanjye. (J’en avais gros sur le coeur mais je me suis retenue, pour ne pas lui montrer mes larmes.)

Curieusement ikiniga peut définir une envie de pleurer ou une chose qui étrangle…

Quelque chose qui nous reste sur la gorge parce qu’on ne l’exprime pas…

Et ce n’est pas de l’orgueil, c’est de la méfiance…

Il est vrai que l’on tend à dire que les Rwandais/rwandaises sommes un peuple fier…voire orgueilleux. J’avoue que de premier abord, on donne largement cette impression, et on colle parfaitement à cette étiquette socialement répandue.

Je dirais même, qu’à une époque, à force de l’entendre, j’avais fini par emprunter ce raccourci destructeur, et fini par croire que nous étions ainsi.  Jusqu’au jour où j’ai décidé de faire la paix avec ma culture, et de lui trouver de belles raisons d’être ce qu’elle est, et d’arrêter de lui reprocher ce qu’elle n’est pas et ne sera jamais.

Une culture est toujours bien intentionnée…

La plupart du temps on se montre fort et inatteint pour ne pas être blessé davantage. Montrer nos blessures revient à les exposer et à prendre le risque que les autres ne les empirent.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’elles ne nous tourmentent pas…

Nous vivons donc nos chagrins en silence non par orgueil mais par peur ou méfiance. Du moins c’est ce que je pense.

Hanagura amalira yawe, utiha rubanda. (Efface tes larmes, tu vas être la risée de tout le monde)

Ainsi donc pleurer serait considéré comme servir sa vulnérabilité sur un plateau ?  Forcément si ceci t’a été dit dans toute ton enfance, tu montres une certaine méfiance.

Et puis de fil en aiguille, nous devons un peuple résilient…résilient parce que nous paraissons fort.

De fil en aiguille, nous pensons que le psy ne peut nous aider à résoudre les problèmes du quotidien quand ils paraissent insurmontables, parce que nous devons toujours montrer qu’on a le contrôle…

La dépression n’existe pas culturellement…

Un rwandais chez le psy…

Pourquoi faire donc ? Il est résilient, il est fier,il est fort, amalira ye atemba ajya mu nda. (Ses larmes coulent de l’intérieur)

Si tout se passait bien culturellement, la depression n’existerait pas.

C’est cela le souci. On ne va pas reprocher à le culture rwandaise de ne pas essayer. Elle met tout en place pour que les gens ne dépriment pas. On envoit une jeune fille qui restera avec la mariée pour la préserver de la solitude. Idem quand elle accouche, on lui envoie de l’aide. Il y a cette idée du fait que quand on n’est pas seul, on ne peut pas déprimer. Dans une famille, tout est toujours socialement bien établi pour qu’une personne ne sombre pas dans la solitude. Les voisins nourrissent les enfants du village, les soignent et les bercent. Les solitaires, on leur rend toujours visite. Après un deuil, on a toujours de la visite. De quoi nous plaignons-nous franchement ?

Et quand on a souffert, souvent on veut le marquer par les jolis noms d’enfants…

Umuhoza…cet enfant qui vient réparer quelque chose, la perte d’un être cher…

La culture rwandaise, est une culture qui soigne la solitude. et qui est sensée réparer la tristesse.

Dès qu’il se passe quelque chose, de bien ou de triste, on te rend visite.

Nzagusura. (Je viendrai te rendre visite)

Sauf que les moeurs on changé. En ville on n’a plus le temps de socialiser, en campagne non plus, et il y a ce génocide qui nous colle à la peau chaque fois qu’on essaie d’exprimer la beauté de notre culture.

Si ta culture est si belle que ça, comment cela se fait qu’il y a pu y avoir un génocide un jour ?

La question terrible…Pour rappel : le génocide n’était pas culturel. Ce sont des fous qui se sont mis ensemble et on eu l’idée macabre de commettre l’irréparable.

Quand la dépression est là, les langues se délient.

Ben oui on en parle, comme une terrible chose qui est arrivée. Une chose inhabituelle. Et comme on ne sais pas quoi faire, on condamne parfois la personne qui déprime.

Kanaka burya yishwe n’agahinda…Ariko buriya byamugendekeye gute, ko afite inshuti n’umuryango ? Yagiye yihangana nka twe ko atari we ufite ibibazo wenyine. Uwamuha nk’ibyanjye noneho yapfa.

(Tel déprime. Que se passe-t-il alors qu’il a une famille et des amis. Il pourrait se contenir comme nous, il n’est pas le seul à avoir des problèmes. S’il avait affaire au problèmes comme les miens, il en mourrait.)

Et le deuil dans tout ça…

 

Le deuil est une chose terrible. Il se vit parfois dans une forme d’empêchement. Des amis vont venir et rester avec toi. Tenter de te faire oublier que tu vas enterrer ou que tu as enterré un proche il y a deux jours.

Kukubuza gutekereza cyane…ngo udasara…uticwa n’agahinda.

Pour quelqun qui a été habitué à faire un deuil dans la tristesse, les deuils par-chez-nous peuvent parfois être perçus comme des fêtes. Des fêtes douloureuses…Mais il ne faut pas se leurrer. La tristesse est sur le coeur et elle est profonde. Et puis, tôt ou tard ces amis finissent par partir et le vrai deuil intérieur commence.

Heureusement qu’il y a toujours cette amie, ou cet ami que l’on voit arriver de loin et on lui offre toutes les larmes du monde, car…

Elle (lui) seul(e) peut comprendre…

Ni wowe nabibwira wenyine…

Le psy n’existe pas culturellement.

Déjà que la dépression n’existe pas, imaginez les psy. Y-a-t il des personnes dont les fonctions culturelles peuvent être substitués à des psy? Non car à mon sens, le rôle du psy, c’est le rôle de la famille, des amis, des voisins. C’est là l’organisation sociale de veiller au bien être des individus.

Vraiment, une sorte de psy vers qui on va pour raconter ses problèmes et réfléchir aux solution possibles, je n’en vois pas, et je me réserve le droit de me tromper. Je vois aussi des sortes de médiums, des gens qui prédisent l’avenir, mais ce ne sont pas vraiment des conseillers.

La culture de kuraguza n’est pas une culture de conseil. C’est une culture qui prédit le bon et/ou le mauvais sort et tranche sur les actions à faire. Il n’y a donc pas de processus de guérison. Elle pourra par exemple te prescrire de ne plus passer devant l’enclos de te voisin qui te veut du mal pour t’éviter un mauvais sort. Une façon de résoudre les problèmes in extremis…

Silence! Silence! On ne juge pas…

On imagine alors à tort, qu’on va voir un psychologue quand on est ou on commence à être mentalement déficient. Or les psychologues peuvent aider à traverser une impasse, à discuter d’une solution pour un problème relationnel ou existentiel. Y a pas toujours le feu quand on va voir un psy, il y a juste parfois des noeuds qu’il faut défaire avec délicatesse.

Les traumatismes liés au génocide et la pleine compassion qui tarde à venir…

Le génocide a laissé d’énormes séquelles psychologiques pour beaucoup. Une autre chose dont je me suis rendue compte très vite, c’est qu’il est rare de trouver la pleine compassion dans la communauté Rwandaise.

Warababaye, ariko nanjye narababaye…( Tu as souffert mais moi aussi j’ai souffert…)

Cette phrase est tout à fait compréhensible mais en réalité elle n’aide personne à avancer.

Ha, ibyo uvuga sha natwe twabinyuzemo. Hari utazi guhunga? Ahubwo mwebwe mwagize Imana mwaryaga rimwe ku munsi. (Ce que tu dis là, nous aussi on est passé par là. Vous avez même eu la chance, vous mangiez une fois par jour)

Il y a toujours ces gens qui vous culpabilisent par rapport à votre souffrance. Je dirais que cette notion a même séparé les amis.

Par exemple, survivre avec des parents et se retrouver avec une meilleure amie qui a tout perdu a été une chose difficile à gérer.

Assumu, ariko twapfuye iki ko wanyihishe ? (Assumu, pourquoi ne prends-tu plus contact avec moi?)

Ntacyo twapfuye ariko ntabwo dufite ibibazo bimwe…(Il n’y a rien, seulement, on n’a pas les même problèmes).

On devrait arrêter de faire cela et de restaurer la pleine compassion.

Savoir dire Warababaye, tout court.

Nanjye narababaye, ariko nshobora kubona agahinda kawe, nkakureka ukakavuga ntaguseka cyangwa se ntakagereranya n’akanjye. (Moi aussi j’ai souffert mais je peux voir ta souffrance, te laisser en parler sans m’en moquer et sans la comparer à la mienne)

La mauvaise foi pour ne pas aller voir le psy…

Wari wabona umuzungu ujya kuraguza? 

(As-tu déjà vu un blanc qui va kuraguza?)

Oya.

(Non)

Naho hero na nye nta my psychologue nzajyaho.

(Voilà. Je n’irai pas chez le psy non plus)

La religion marche pour certains cas mais en aggrave d’autres…

Le rapport à la religion pour faire face aux problèmes du quotidien est assez difficile et long à expliquer. Il méritera un article complet. (Souhaitez-moi bonne chance)

La pudeur culturelle qui n’arrange pas (toutes) les choses…

La pudeur à la rwandaise n’est pas seulement une affaire pudeur sur la tristesse. Les rwandais sont très pudiques sur leurs sentiments. Alors imaginez-vous quand il s’agit de rencontrer un psy. Raconter sa vie dans les moindres détails à une personne qui vous facturera pour ses conseils, et qui vous conseillera sans vous connaître n’est pas chose très aisée. Aller s’assoir à une chaise pour y étaler toute sa vie intime, peut-être même dévoiler ce qu’on n’a jamais osé dire à personne, y compris à soi-même, est inimaginable.

Il faut sortir de sa zone de confort pour aller chez un psy.

Il faut sortir de sa zone de confort pour oser tout lui dire.

Il faut sortir de sa zone de confort pour croire qu’il pourra aider.

C’est trop quoi…

D’autant plus que le psy vous conseillera quelque chose qui est assez contradictoire avec vos repères culturels. Comme par example :

Envoyer promener un membre de la famille qui vous pourrit la vie et que comme c’est un ainé vous vous tenez à le respecter.

N’oublions pas que la base du bien-être ici en Occident se résume en un mot : la Communication.

Mais vous savez quoi ? D’accord pour voir le psy mais on emmerde la communication à outrance. Oups.

Parfois je me dis qu’il faudrait des psys qui puissent trouver une solution dans l’envirronnement culturel dans lequel on évolue. Ainsi, il comprendraient que parfois, eh bien, la communication ne résout pas tout. Voilà.

Et ce rwandais que j’ai vu chez le psy, de quoi avons-nous parlé ?

LUI : Loin des regards, il est possible de tout reconstruire.

Moi : Il est possible de continuer à trouver une certaine beauté à cette culture de la pudeur

Sans pour autant tomber dans un déni de soi, de ses désirs, de ce qui fait du bien, de ce qui fait mal…

LUI : Il est possible de laisser tout son être s’effondrer car il y a de quoi.

Il est possible de laisser exprimer sa rage, son combat face à l’addiction de l’alcool, les deuils qui se font mal, cette tristesse qui ne passe pas malgré les années.

Moi : Malgré les outils culturels à notre disposition

LUI : Il est possible de voir enfin avec franchise ses nœuds les plus insoupçonnés et de les défaire

MOI : Il est possible d’être mal sans pour autant être fou.

LUI : Il est possible de pleurer sans être faible…

MOI : Il est permis d’être faible certains jours de sa vie

LUI : Il est permis d’être vulnérable tous les jours de sa vie. Il est possible de reconnaître que derrière une agressivité horrible sur les médias sociaux se cachent des blessures bien plus profondes que le combat politique que l’on veut afficher…tant bien et surtout que mal.

MOI : Il est possible d’avoir un rapport réaliste avec la tristesse, la joie, l’amour.

LUI : Il est possible de s’épanouir dans une communauté pudique sur ses sentiments, il y a des opportunités à cela.

MOI : Mais penser à se protéger, à dire Stop, se choisir des amis de valeur qui peuvent aider, est important.

LUI : Je pense que la plus grande peur, c’est d’être face à soi-même et de ne pas se mentir sur comment on va.

MOI : il est possible de dire Je vais Mal

LUI : et de se faire aider soigner ce mal ou sortir de cette impasse.

MOI : Il est possible de dire Je vais bien

MOI : Tout simplement…

Qu’ils soient psychothérapeutes, life coaches, professional coaches…ils sont là pour aider les gens à aller bien et à mieux s’orienter.

Parce qu’on ne peut pas tout savoir d’un premier coup.

Parce qu’on ne peut pas tout guérir soi-même.

On a parfois besoin d’une personne (objective et formée) pour rétablir les repères équilibrants avec la vie.

Ben oui j’ai vu un rwandais chez le psy, maintenant quand je le croise, il est bien transformé. Il ne boit plus, ne passe pas sa vie à  insulter les autres sur les médias sociaux, ne s’isole pas des autres, pleure quand il veut ou il peut, et surtout, il est bien dans sa peau. Il est amoureux de sa culture, de ses repères mais n’en fait pas une  histoire s’il faut parfois les transgresser.

Finalement, tout ne part pas d’un rapport compliqué avec la tristesse. Parce qu’à mon sens, aucune culture n’entretien des rapports paisibles et complaisants avec la tristesse. Chacun fait ce qu’il peut.

N’est-ce pas Albert Camus qui a dit un jour, “La grandeur de l’homme réside dans sa décision d’être plus grand que sa condition” ?

Zaha Boo

Source photo d’illustration

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 thoughts on “J’ai vu un rwandais chez le psy.

  1. C’est genial qu’on en parle et enfin on pourras arreter de vivre comme des zombie. J ‘ai vecu lontemps par le vrai sans de Umuhoza ( je sait que ce nom m’as ete attribuer avec bcp bcp d’amour) mais il ya quelques annees j’ai commencer a dire ” Que Dieu vs aide pcq moi j’en ai marre” .. Je me sens mieux depuis. On est vraiment pas obliger de tt cacher, de tout avaler, de tout supporter. Reconforter avec amour c’est aussi donner a lautre un espace ou il/elle est libre de s’exprimer.
    Merci Zaha Boo

    #freeumuhoza

    Liked by 1 person

    1. Merci beaucoup pour le commentaire. Il m’a fait longuement réfléchir. C’est vrai que c’est un lourd destin d’être une consolatrice. Parce que vous qui vous console? Umuhoza agomba no cuba Umuhozwa.Vous avez raison d’avoir posé vos limites…

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